Le bilinguisme, un long fleuve... loin d'être tranquille
Le bilinguisme...
Ou
Comment faire de mon enfant une personne qui sache comprendre et s’exprimer dans deux langues différentes (je n’aborde pas ici la lecture et l’écriture… plus je le pense, et plus je m’angoisse à l’idée de la manière dont je vais m’y prendre pour expliquer que « eau » se prononce « o » alors que les lois de la phonétique en espagnol se résume essentiellement au célèbre tout ce qui s’écrit se prononce.)
Le seul espace de ce blog (pour l’instant :P) écrit dans ma langue maternelle.
J’ai, en effet, décidé de publier quelques posts consacrés au bilinguisme également dans la langue de Molière, pour que d’autres mamans, papas, familles en général, qui vivent comme nous (ou pas) puissent se retrouver dans mes articles, échanger sur des informations utiles, partager nos expériences.
J’aime à croire que nous, familles bilingues nous remettons constamment en question, et que tous avons les mêmes difficultés et les mêmes doutes quant à l’apprentissage de nos bambins.
Cette section n’est pas exclusivement réservée aux bilingues ou plurilingues, les monolingues sont également invités à participer. Toutes vos idées sont les bienvenues !
Par quoi commencer ?
Une définition du bilinguisme comme tel nous suffirait-elle ?
Que nous dit notre ami Le Petit Robert ?
...Une définition trop succinte à mon goût, et notez pour le coup une étymologie intéressante...
bilingue [bilRg] adj.
* 1618; « menteur » XIIIe ;lat. bilinguis
1. Qui est en deux langues. Édition bilingue. Dictionnaire bilingue français-anglais. Enseignement bilingue.
2. Qui parle, possède parfaitement deux langues. Un Suisse bilingue. Une secrétaire bilingue. Subst. Les bilingues.
à Sourd bilingue, qui parle une langue et le langage des signes.
3. Où l'on parle deux langues. Une région bilingue. « Rome était à la lettre une ville bilingue » (Renan)
Plus on approfondit ce concept, et plus les frontières sont floues, le bilinguisme n’est pas si simple qu’il n’y paraît. Chacun a sa propre définition.
Pour certains linguistes, le bilinguisme s’arrête à la connaissance (entendez expression et compréhension) de deux langues de manière égale, pour d’autres le bilinguisme est l’utilisation correcte dans la communication de tous les jours, et d’autres encore voient le bilinguisme comme la capacité à penser naturellement dans les deux langues, sans passer par un processus mental de traduction.
Pour moi, et je pense que ma formation académique en linguistique me rend partiale (veuillez excuser le côté puriste…), le bilinguisme va bien au-delà de comprendre, parler, et lire dans deux langues différentes.
C’est en plus de la langue elle-même, avant tout appréhender deux cultures, deux systèmes différents, qui par le biais de la langue vont nous amener à les comprendre, à les intégrer, à les accepter, en bref à nous ouvrir au monde.
Alors voilà, aujourd’hui et pour ce premier post dédié au bilinguisme, je vais vous parler de ma maigre expérience comme maman française de deux bambins vivant dans un système dominé par la langue de leur papa: l’espagnol.
Juste un petit résumé pour une situation en contexte : je suis une maman française « exilée » (ne le prenez pas au sens littéral, il s’agit d’un exil volontaire, lisez-le comme un éloignement de ma patrie d’origine). Cela fait maintenant plus de 12 ans que je vis en Espagne avec mon partenaire qui lui est espagnol. Nous avons toujours communiqué en espagnol. À l’époque, cela m’arrangeait car comme mes études étaient dédiées à la linguistique, littérature et traduction espagnoles, je préférais largement approfondir mes connaissances en la matière.
Oui, mais voilà, en 2012, en apprenant que bébé 1 allait pointer le bout de son nez pour la fin d’année, mon système tout entier s’est effondré, et je ne pensais plus qu’à une chose, comment arrêter de parler espagnol à la maison pour que mon petit bout n’entende que le français, puisqu’il en aura bien assez d’entendre l’espagnol à tout bout de champ.
À vrai dire j’ai toujours été assez catégorique, et je n’ai jamais eu de doutes quant à l’éducation (bilingue) que nous allions donner. J’ai eu la chance d’avoir l’appui inconditionnel du papa, qui comprenait parfaitement mes raisons.
Et puis, on lit des livres, des revues, des articles, plus ou moins techniques, et plus ou moins véridiques, et on essaie de faire du mieux que l’on peut tout en respectant les décisions de chacun.
Et puis, on lit des livres, des revues, des articles, plus ou moins techniques, et plus ou moins véridiques, et on essaie de faire du mieux que l’on peut tout en respectant les décisions de chacun.
Ainsi, nous avons opté pour le schéma suivant: maman parle en français, papa en espagnol, papa et maman communiquent en général en espagnol à la maison.
Qui vivra verra...
Nous sommes maintenant en 2017, la langue à la maison continue d’être l’espagnol majoritairement, et pour ma part, je me consacre à parler à mes deux bouts (oui parce que bébé 2 est arrivée entre temps) en français pendant que leur papa, la famille paternelle et tout ce qui les entoure (crèche, école, cercle social, etc.) se fait en espagnol.
Le résultat : une compréhension impeccable du français de la part de mes deux rejetons, mais la production orale n'est pas irréprochable. En effet, ils utilisent certaines expressions et certains mots en français mais dans l’ensemble, leur expression se fait dans la langue paternelle.
Quand le moral est dans les chaussettes (parce que ce n’est pas tout rose tous les jours), et que cette frustration prend le dessus, je relativise et me dis finalement que tout vient à point à qui sait attendre.
Le bilinguisme est un long chemin à parcourir, il est semé d’obstacles. Et à mon sens, nos meilleurs alliés à nous parents de la langue minoritaire sont la constance et la persévérance.

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